top of page

III POLITIQUE MONETAIRE

  • Photo du rédacteur: Yves Barroux
    Yves Barroux
  • 16 févr.
  • 3 min de lecture

III POLITIQUE MONETAIRE


Dans ce domaine également, un retour à l’orthodoxie me semble à la fois urgent et prioritaire, notamment si l’on veut revenir à une croissance saine et dynamique. Cela signifie que les banques centrales, en l’occurrence la Banque centrale européenne (BCE), doivent cesser d’inonder les marchés de liquidités, i. e. mettre fin au « quantitative easing », et maintenir des taux d’intérêt positifs en termes réels. Le bas niveau des taux d’intérêt pousse au recours à l’endettement de la part des entreprises comme des ménages : dans le cas des entreprises, cela peut favoriser les investissements mais cela peut aussi financer des délocalisations, des opérations de LBO, voire des poussées spéculatives, sources de bien des crises financières ; dans le cas des ménages, cela favorise le recours à l’endettement, pour financer l’investissement immobilier mais aussi la consommation, avec des risques pour les ménages aux revenus modestes. Pour ce qui est de l’État, il est évident que cela pousse le pouvoir politique à une gestion laxiste des finances publiques, se traduisant par un déficit budgétaire permanent et de plus en plus massif, entraînant une montée de la dette publique. Tout aussi grave, voire davantage, la croissance immodérée, car non proportionnée à la croissance réelle, de la distribution de liquidités par les banques centrales, c’est-à-dire l’excès de création monétaire résultant des politiques « non conventionnelles », risque de déclencher une importante poussée inflationniste, sans doute souhaitée par les politiques car elle dévalorisera la dette des emprunteurs mais au détriment, d’une part, des épargnants, qui auront seulement eu le mérite de financer à bas taux d’intérêt la dette, et, d’autre part, des catégories dont les revenus seront peu ou pas indexés, en particulier très probablement les retraités.

Un petit rappel historique illustre malheureusement ce qui précède. Après vingt-cinq à trente ans de politique monétaire rigoureuse ayant permis de vaincre l’inflation, le Federal Reserve System en 1996, suivi par la Banque centrale européenne en 2003, a décidé d’abandonner l’objectif monétaire et de cibler directement l’inflation. Il en est résulté une croissance excessive du crédit et de la monnaie qui a été à l’origine de crises spéculatives et a favorisé les délocalisations industrielles, a permis, aux États-Unis, aux ménages de revenus modestes de s’endetter pour devenir propriétaires, politique favorisée par l’administration américaine qui a conduit à la crise des « subprimes ». Il s’en est suivi de nouveaux excès de création monétaire décidés par les Banques centrales afin d’éviter une crise financière mondiale qu’aurait entraîné la faillite de grandes banques commerciales / c’était le début du « quantitative easing ». Dix ans plus tard, avec la pandémie déclenchée par le Covid 19, le bas niveau des taux d’intérêt a poussé les États à dépenser sans compter pour soutenir l’activité, i. e. les entreprises en activité réduite et les salariés en chômage partiel. Dès lors, le « quantitative easing » a servi à financer, en violation des statuts des banques centrales, les importants déficits budgétaires des États. En France particulièrement, avec le « quoi qu’il en coûte », le déficit budgétaire s’est envolé, dépassant la centaine de milliards d’euros, et la dette publique a dépassé le montant du PIB annuel.

Il va de soi que le retour à des taux d’intérêt positifs en termes réels a pour conséquence de renchérir le coût de la dette publique, partant de rendre encore plus nécessaire le retour à une gestion orthodoxe des finances publiques, i. e. à une réduction drastique des dépenses publiques assurant le retour à l’équilibre du budget et, dès que possible, conduisant à dégager des excédents budgétaires permettant de diminuer la dette publique et de réduire la charge des intérêts de cette dernière.

On aura bien compris que, s’agissant de la politique monétaire qui est aujourd’hui conduite par la Banque centrale européenne, il me semble souhaitable de revenir à un objectif de quantité de monnaie et qu’il n’est pas souhaitable que les responsables politiques fasse pression sur les Banques centrales pour obtenir de ces dernières qu’elles pratiquent des taux d’intérêt bas, c’est-à-dire négatifs en termes réels. Ainsi, avec un objectif final d’inflation de 2 % par an et de retour à une croissance à long terme de l’activité économique de 2 à 3 % par an, il est souhaitable d’avoir un objectif monétaire quantitatif de 4 à 5 % par an et des taux d’intérêt de l’ordre de 4 à 5%.

 
 
 

Posts récents

Voir tout
REVISION DE LA CONSTITUTION

I RÉVISION DE LA CONSTITUTION       Une révision substantielle de la Constitution de 1958 me paraît s’imposer et devrait être l’un de premiers actes du prochain Président de la République. La procédur

 
 
 

Commentaires


bottom of page